Sammy Baloji

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République démocratique du Congo

Né en 1978, à Lubumbashi, Province de Katanga, République démocratique du Congo, Sammy Baloji est membre du Vicanos Club de Lubumbashi. Licencié en lettres et sciences humaines, il s’est d’abord consacré à la bande dessinée, puis à la photographie et à la vidéo. Il a réalité plusieurs reportages sur la culture du Katanga et sur l’héritage architectural de l’époque coloniale en République démocratique du Congo.

Mémoire

Photoquai 2007

C’est par cette série, présentée pour la première fois dans Photoquai, que Sammy Baloji a obtenu une reconnaissance internationale. Originaire du Katanga, richissime région minière de RDC, Sammy Baloji a commencé par photographier l'architecture de la ville minière de Lisaki, restituée en un immense panorama ressemblant à un interminable travelling de cinéma. Alors que tout photographe amateur, touriste ou professionnel était jusqu’à peu susceptible d'être arrêté dans ce pays sous haute surveillance, Baloji s'est attelé à évoquer la vie des mineurs à l'époque coloniale, au moyen de collages d'anciennes photographies en noir et blanc, sur des clichés actuels, en couleur, des mines et des terrils abandonnés.

Il évoque ainsi la convoitise suscitée par cette région, d’abord exploitée par la colonisation belge, puis après l'Indépendance, par l'État central de Kinshasa, et aujourd'hui par les bandes armées rivales – souvent étrangères – confrontées aux milices locales qui rendent la vie quotidienne infernale. Rien ne transparaît de la vie sociale des mineurs du Katanga, alors que partout ailleurs dans le monde, les mineurs ont forgé une culture et une mémoire qui leur sont propres.

Série réalisée en 2006.

Allers et retours

Résidences photographiques 2008

En utilisant à la fois la vidéo et la photo, Sammy Baloji est parti à la recherche des traces de la culture Kongo entre l’Afrique (la République Démocratique du Congo et le Congo Brazzaville), la France et la Belgique. Il propose une confrontation entre passé et présent, entre une mémoire de l’esclavage et ses résurgences, ou permanences, dans les sociétés des anciens colonisateurs. A travers les évocations de la mémoire de l'esclavage, l'histoire des navires qui ont transporté les esclaves, l'artiste a fait le pari de prendre comme fil conducteur une danse appelée "menuet Congo" découverte en 2007 dans la région nantaise.

Interrogeant ethnomusicologues, photographiant les proues de navires au musée de la Marine, les réserves du musée de Tervuren, explorant la collection photographique du musée du quai Branly, filmant les groupes folkloriques français qui dansent le menuet Congo, Sammy Baloji mène un voyage à rebours à travers le fil tenu du mot Congo associé à la danse. Au final, l’œuvre produite dans le cadre des Résidences de Photoquai, dont il fut lauréat en 2008, consiste en un mur de 6 images qui dialoguent avec une vidéo. Les images photographiques détaillent des vues du crâne du chef Lusinga, ramené comme trophée lors de la conquête coloniale belge. Le film utilise en diptyque des vues de rivages, de pleine mer et quelques instants de danse menuet Congo.

Série réalisée en 2008.

Sammy Baloji : Allers-Retours