Le 23 oct. 2019

La rose blanche, mouvement de résistance allemand au nazisme

Par Jean-Claude Milner

Le cycle des Grandes Révoltes propose d’analyser les grands mouvements à l’origine des bouleversements politiques et sociaux d’hier et d’aujourd’hui.

La Rose Blanche, résistance Allemande au nazisme

Sous le nom la Rose blanche, deux étudiants munichois se constituèrent, à partir du printemps 1942, en groupe de résistance contre le régime nazi. Ils s’appelaient Hans Scholl et Alexander Schmorell. Ils rassemblèrent autour d’eux un petit nombre de parents et d’amis. L’activité du groupe consista pour l’essentiel dans la diffusion de tracts, d’une haute tenue littéraire et philosophique, soutenant que tout Allemand qui ne s’opposerait pas ouvertement au régime nazi serait tenu pour coupable des crimes du régime.
Cette campagne de tracts dura jusqu’en Février 1943, date de l’arrestation de Hans Scholl et de sa sœur Sophie. Par sa forme organisationnelle et par son mode d’action, par la nature des thèmes qu’elle mit en avant, par sa composition sociale, la Rose blanche révèle que subsistait, dans la société allemande, un fond idéologique antérieur au nazisme et radicalement incompatible avec le tout-puissant régime. Au cœur de cet héritage, on trouve la spiritualité chrétienne, sans référence aucune à quelque idéal démocratique ou révolutionnaire que ce soit.
Aussi est-on tenté de mettre à l’écart ce qu’on peut appeler la doctrine de la Rose blanche. On se borne à admirer le courage de ses membres. Or, cela ne suffit pas. Leur doctrine importe ; elle annonce la forme qu’a prise, après 1945, la pensée politique allemande. On ne comprend pas l’Allemagne de l’Ouest naissante si l’on ne prend pas en compte une donnée : dans ce qu’elle avait de respectable, elle a été construite par des hommes et des femmes qui avaient exactement l’âge et la formation intellectuelle des membres de la Rose blanche. 


JEAN-CLAUDE MILNER

Né en 1941, Jean-Claude Milner est linguiste, philosophe et essayiste. Ses intérêts s’étendent de la linguistique à la philosophie politique et à l’analyse sociale. Après des études en classes préparatoires littéraires au lycée Henri-IV, il entre à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1960, où il suit l’enseignement de Louis Althusser et le séminaire de Jacques Lacan. Il a également effectué une partie de ses études aux États-Unis, se formant à la linguistique chomskienne au Massachusetts Institute of Technology. Il a été professeur de linguistique à l’Université Paris-7 Diderot et directeur du Collège international de philosophie de 1998 à 2001. Jean-Claude Milner a par ailleurs fondé et dirigé la collection « Philia », aux Éditions Verdier, de 1999 à 2004.


Son oeuvre explore les zones d’ombre de la pensée politique occidentale, avec des ouvrages comme Les Penchants meurtriers de l’Europe démocratique (Verdier, 2003) ou Pour une politique des êtres parlants (Verdier, 2011). En mai 2014, il publie Harry Potter. À l’école des sciences morales et politiques (PUF), où il analyse la série Harry Potter du point de vue des conceptions morales et politiques qui y sont implicites, où le monde de la magie permet de comprendre la société capitaliste actuelle.

  • Gratuit (dans la limite des places disponibles)

  • Durée :  01:30
  • Lieu :  Théâtre Claude Lévi-Strauss
  • Dates :
    Le mercredi 23 octobre 2019 de 18:30 à 20:00
  • Accessibilité :
    • Handicap moteur
  • Public : Tous publics
  • Categorie : Université populaire
La rose blanche, mouvement de résistance...

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