Le 22 mai 2019

Le Déluge

par Tobie Nathan

Le réchauffement climatique et les risques renouvelés de guerres demandent d’explorer les grandes catastrophes qui frappent et ont frappé l’humanité. Elles sont tantôt naturelles, tantôt de fabrication culturelle et de main d’homme… sans oublier la catastrophe divine dans la religion.

Le Déluge

Dans les mythologies monothéistes, le temps est linéaire, tendu vers un but. Création du monde par un démiurge qui en attend une perfection, il est susceptible d’être détruit par ce même démiurge confronté à sa propre déception. C’est ainsi que les monothéismes ont engendré la notion de progrès, mais aussi, l’évidence d’une fin des temps — le monde ayant été créé par un acte initial sera nécessairement détruit par un acte final. Cette idée est présente depuis des millénaires. Des fins du monde, on nous en prédit de toutes sortes : religieuse, bien sûr, sociale et révolutionnaire (destruction de l’ordre ancien, avènement d’une société plus juste), militaire (angoisse atomique), écologique (angoisse climatique) … ou même tout simplement cosmologique (Puisqu’il y a eu un big bang initial, notre galaxie finira par disparaître).


La révolution française était une apocalypse, une révélation de la vérité de l’histoire, tout comme la révolution bolchévique et, naturellement, la révolution islamique qu’appellent aujourd’hui des jeunes gens radicalisés à travers le monde.


Dans les trois religions monothéistes, il existe un certain nombre d’apocalypses, mais pour en saisir la logique, je m’attarderai quelques instants sur la première de toutes (du moins dans la logique du récit biblique), celle qui pourrait être considérée comme le fondement des suivantes, la plus célèbre, aussi, certainement : l’histoire de Noé et du déluge. Le déluge, une destruction sous les eaux purificatrices mais la promesse d’un monde meilleur symbolisé par la fameuse colombe tenant un rameau d’olivier. C’est pourquoi j’ai intitulé ma conférence : « Déluge : les lendemains qui chantent. »


Tobie Nathan

 

 

TOBIE NATHAN

Né au Caire en 1948, Tobie Nathan est le principal théoricien et promoteur de l’ethnopsychiatrie contemporaine. Élève de Georges Devereux, il a créé la première consultation d’ethnopsychiatrie en France, en 1979, dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Avicenne à Bobigny, consultation dont les principes ont été adaptés en France et à l’étranger. Il a fondé en 1993 le Centre Georges Devereux, Centre universitaire d’aide psychologique aux familles migrantes, au sein de l’UFR de Psychologie de l’Université Paris 8, centre qu’il a dirigé de 1993 à 1999.

Directeur du Bureau de l’Agence Universitaire de la Francophonie pour l’Afrique des Grands Lacs, à Bujumbura (Burundi) entre 2003 et 2004, il a également été Conseiller culturel en Israël et en Guinée Conakry. Tobie Nathan est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages dont : Ethno roman (Grasset), prix Femina de l’essai 2012, ainsi que des romans (Saraka Bô, 613, Serial Eater, Mon patient Sigmund Freud, Qui a tué Arlozoroff, Les nuits de Patience). Il a récemment publié Les Âmes errantes, (l’Iconoclaste, 2017), Ce pays qui te ressemble (Stock, 2015).

  • Categorie : Histoire des catastrophes
  • Durée :  01:30
  • Lieu :  Théâtre Claude Lévi-Strauss
  • Dates :
    Le mercredi 22 mai 2019 de 18:30 à 20:00
  • Public : Tous publics
  • Gratuit (dans la limite des places disponibles)

Autour de l'événement

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