Fabriquer l’image pittoresque de la Tunisie

Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026 de l'Institut Français

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Fabriquer l’image pittoresque de la Tunisie

Les portes traditionnelles de Tunisie deviennent, au 20e siècle, l’un des motifs privilégiés d’une Méditerranée pittoresque. Dans la médina de Tunis, à Kairouan ou à Sidi Bou Saïd, elles règlent le passage entre la rue et la maison, l’espace commun et la vie domestique. Fonctionnelles autant que symboliques, elles ordonnent les seuils, les usages et les formes de sociabilité.

Après avoir d’abord valorisé les monuments antiques, le protectorat français porte son attention sur l’architecture dite « arabe ». Ce déplacement transforme certaines formes locales en signes du pittoresque, au prix d’une authenticité codifiée et patrimonialisée. À Sidi Bou Saïd, le bleu et le blanc, progressivement constitués en codes visuels du village, montrent comment la protection patrimoniale peut figer un lieu vivant en représentation.

Les œuvres de Louise-Marie Peyre (1897-1975) s’inscrivent dans cette histoire du regard. Elles montrent des lieux habités, marqués par l’usage et le temps, tout en prenant part à l’élaboration d’un imaginaire méditerranéen marqué par le contexte colonial, puis par l’essor du tourisme.

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