Afrique

Parcours Histoire des collections

Contenu

Une sélection d'objets, repérables avec le logo ci-contre, a été étudiée sous l’angle de leur histoire, depuis le lieu de leur création jusqu’à leur arrivée au musée. Les informations disponibles à ce jour sont présentées ici. Cette page rend compte des cartels installés sur le plateau de collections.

Mégalithe

En 1966, le président sénégalais Léopold Sédar Senghor et le ministre français des affaires culturelles, André Malraux, s’entendent sur un dépôt de quinze tapisseries françaises du Mobilier National contre cette pierre en forme de lyre et vingt-six objets provenant de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN). À demi enfouie sur un site mégalithique de la région de Soto, la « pierre-lyre» fut repérée par le conservateur français Pierre Meauzé chargé de faire une sélection à proposer au président sénégalais. Ce dépôt du Gouvernement du Sénégal s’organise en 1967, la pierre est alors présentée dans le jardin à l’entrée du musée des arts africains et océaniens à Paris. Restaurée au début du 21e siècle, elle est la première œuvre installée sur le plateau des collections du musée.

  • Sénégal, région de Kaolack, village de Soto
  • Premier millénaire ap. J.-C.
  • conglomérat latéritique
  • Dépôt gouvernement du Sénégal
  • 73.1967.2.1 D  

Au centre du Sénégal se situe une zone mégalithique qui s’étend sur 36 000 km2. Environ 30 000 monolithes y ont été dressés entre le 2e siècle avant J.-C. et le 16e siècle après J.-C. Ces pierres, taillées dans un conglomérat latéritique, marquent les sépultures des ancêtres.

Mission Dakar - Djibouti (1931 - 1933)

Entre 1931 et 1933, la « mission ethnographique et linguistique Dakar-Djibouti » traversa seize pays africains, tous sous domination coloniale européenne à l’exception de l’Ethiopie. Conduite par l’ethnologue français Marcel Griaule, cette mission pluridisciplinaire éprouva de nouvelles méthodes d’enquêtes et de collectes ethnographiques. La mission revient ainsi avec plus de 3000 objets et autant de clichés pour les collections du musée de l’Homme, aujourd’hui au musée du quai Branly-Jacques Chirac, 6000 spécimens naturels pour le Muséum national d’histoire naturelle, 300 manuscrits pour la Bibliothèque nationale de France, et plus de 10 000 fiches d’observation désormais conservées à l’université de Nanterre. Très médiatisée, cette expédition scientifique fut aussi rendue célèbre par la publication de L’Afrique fantôme, journal personnel du secrétaire de la mission, l’ethnologue et intellectuel français Michel Leiris, édité en 1934. Il y décrit sa vision de la mission, notamment les conditions d’enquêtes et les collectes, consenties ou non.

Masque singe blanc omono

L’agenda de la mission Dakar-Djibouti révèle que ce masque est acheté aux initiés et au chef de la société de l’Awa à Ireli le 5 novembre 1931. 215 francs sont donnés contre 4 masques de bois - dont celui-ci - et une cagoule. Dans l’agenda, Michel Leiris, secrétaire de la mission, ajoute « l'opération s'est effectuée dans le plus grand enthousiasme, exprimé en langue secrète ».

 

Statuette masculine de porteur de masque baga

La provenance de cette statuette est incertaine. Une étiquette mentionne « trouvée par le Ct Coffinières de Nordeck dans la case du roi du village du grand Talibonche lors de l'expédition punitive de 1884 ». Dans son récit de voyage, cet officier, qui a participé à la colonisation de la région, relate l’hospitalité des dignitaires à Grand Talibonche qui lui « donnèrent quelques fétiches ».

  • Population Baga
  • Guinée, Rio Nunez
  • Avant 1884
  • bois
  • Collectée en 1885 par le Commandant Coffinières de Nordeck ; anciennes collections Stephen Chauvet, Maurice Ratton et Mme Morris J. Pinto.
  • 73.1978.3.1

Maternité

Administrateur colonial, Henri Labouret (1879-1959) conduit une mission d’étude linguistique et ethnographique au Cameroun en 1934. Pendant six mois, il a collecté plus d’un millier d’objets, essentiellement des pièces d’usage courant, dont il fit don d’une grande partie au musée d’ethnographie du Trocadéro. Lors de son passage à Bangangté, il acquiert auprès du fo (roi, chef), Njiké, cette statuette figurant une maternité, attribuée au sculpteur Kwayep. L’artiste était déjà très réputé dans la région, où étaient localisés plusieurs ateliers reconnus de sculpture, et il répondait aux commandes des chefs et de quelques Européens de passage.

Masque royal éléphant

Spécialisé dans les maladies tropicales, le docteur Pierre Harter (1928-1991) se rend pour la première fois au Cameroun en 1952 et montre dès lors un grand intérêt pour les cultures et l’histoire du pays. En 1956, nommé dans la région de l’Ouest, il se rend dans les chefferies pour soigner les populations. L’amitié qu’il a entretenue avec certains chefs et leurs familles a généré le début de sa collection : en échange de soins prodigués, il reçut en remerciements, et à plusieurs reprises, des objets anciens, dont ce masque royal donné par Ngouanjeu, le fon (roi) de Bafou. De retour en France, il acquit d’autres oeuvres dans des galeries. Il légua à l’Etat un ensemble de 53 pièces représentatives de l’art de l’ouest camerounais.

Statuette anthropomorphe

Sculptée par l’artiste Zlan de Béléwalé (Libéria) pour un notable de Touba en Côte d’Ivoire, cette figure féminine rejoint la collection de Raphaël Antonetti, gouverneur de la Côte d’Ivoire entre 1918 et 1924. Son mode d’acquisition est inconnu, mais elle serait probablement d’abord passée par Maurice Prouteaux, administrateur colonial à Touba et proche d’Antonetti.

  • Sculpteur : Zlan (début 20e - 1960) ;
  • Populations We et Dan
  • Originaire de Belewale, Libéria
  • Premier quart du 20e siècle
  • Bois, aluminium, fibres végétales, kaolin
  • 73.1963.0.163

Masque d'initiation Kebul

Il s'agit du plus ancien masque africain conservé au musée. D'abord appelé "masque de Louisiane" car passé par l’Amérique, il rejoint vers 1756 la collection de Charles Philippe de Fayolle puis celle du Marquis de Sérent en 1786. Après la Révolution, il intègre le fonds de la bibliothèque de Versailles qui le dépose en 1934 au musée d'ethnographie du Trocadéro. Son origine sénégalaise, authentifiée en 1983, indique un itinéraire probablement lié à la route des esclaves.

  • Population Diola
  • Sénégal, Casamance
  • Première moitié du 18e siècle
  • vannerie d'écorce, cornes, graines, cuir
  • Dépot Bibliothèque municipale de Versailles, ancienne collection Marquis de Sérent
  • 71.1934.33.38 D

Plateau de divination

Administrateur colonial, Bernard Maupoil entreprend une thèse d’ethnologie sur la géomancie du Fa et se rapproche de l’ancien devin royal Guédégbé à Abomey (Bénin). Les correspondances et les publications confirment la proximité et la confiance entre les deux hommes : il est possible que Guédegbé ait fait don de ce matériel divinatoire à B. Maupoil. Nous disposons toutefois à ce jour d’aucune source permettant de confirmer cette hypothèse et de définir précisément le parcours de cet objet.

  • Attribué à la Famille Houndo
  • Population Fon
  • Bénin, Abomey
  • 19e siècle
  • Bois, bleu de lessive, kaolin
  • 71.1938.17.3

Masque féminin Gou

Ce masque représentant Gu, la femme idéale dans la célèbre triade masquée Gu-Zamble et Zaouli, peut être attribué à la main d’un maître sculpteur de la région de Bouaflé. Présents après 1910 sur le marché de l’art français, les masques féminins gouro au haut front, nez fin, petite bouche et coiffures virtuoses, ont été recherchés par les artistes, comme Modigliani, et les collectionneur(se)s d’avant-garde, comme Helena Rubinstein (1872 - 1965), célèbre entrepreneuse dans la cosmétique passionnée d’art africain qui a défendu très tôt la reconnaissance de «différentes formes de beauté». Après son décès, le masque est passé entre les mains d’un important collectionneur américain, d’un grand marchand noir américain de New-York, et d’un célèbre marchand-collectionneur français.

  • Masque féminin Gou
  • Female Mask Gu
  • Population Gouro
  • Côte d’Ivoire
  • 19e siècle
  • bois
  • Ancienne collection Helena Rubinstein ; Vente Parke-Bernet, New York, Helena Rubinstein collection, African and Oceanic Art, Third Part, 15 octobre 1966, lot 35 ; Ancienne collection Armand Arman ; Ancienne collection Thomas Alexander III, Saint-Louis ; Vente Christie’s New York, 13 octobre 1978, lot 313 ; Vente Cornette de Saint-Cyr, Paris, 13 mars 1981, lot 17 ; Merton Simpson, New-York, circa 1988 ; Collection Marceau Rivière, circa 1995.
  • 70.2020.38.1

Les arts de cour de l’ancien royaume de Benin

Le musée a engagé des recherches approfondies sur les provenances des œuvres qu’il conserve afin de documenter leur contexte d’acquisition. Les arts de cour du royaume de Bénin (Nigéria actuel), en alliages cuivreux ou en ivoire, font partie des collections à l’étude. Pour la plupart, elles sont issues de « l’expédition punitive  » conduite en 1897 par l’armée britannique pendant les guerres de colonisation. A l’issue de la prise de la ville, les palais royaux de la ville de Bénin ont été pillés et plusieurs milliers de pièces ont été dispersées en ventes publiques à Londres à partir de 1897 où ont été vendues directement à Lagos, ou ont été directement déposées au British Museum.  Achetées par des musées, des marchands d’art et des collectionneurs, elles ont été dispersées dans les collections publiques et privées du monde entier. A l’initiative du Nigeria - de la National Commission of Museums and Monuments, mais aussi de l’Oba de Bénin et de l’état d’Edo qui souhaitent voir revenir ce patrimoine dispersé sous forme de prêt, de dépôt et de restitution, le musée du quai Branly - Jacques Chirac travaille en réseau avec les institutions internationales pour cartographier ces collections, les étudier en dialogue avec les équipes scientifiques nigérianes et les rendre accessibles à tous.

Tête commémorative Uhunmwu-Elao

Issue de l’expédition "punitive" britannique qui mit à sac la ville et le palais royal de Bénin en février 1897, cette tête d’Oba couronné, utilisée dans le cadre du culte aux ancêtres royaux, a été acquise en 1899 par le département des Antiquités Orientales du Musée du Louvre auprès d’August Schilling, marchand de Hambourg. Après avoir été réattribuée à l’Afrique et au Musée de Marine du Louvre, elle a été déposée en 1908 au Musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, puis en 1969 au Musée des Arts Africains et Océaniens.

  • Edo
  • Royaume de Bénin, Nigéria
  • Alliage cuivreux
  • Ancienne collection musée du Louvre ; Ancien dépôt musée de Marine du Louvre ; Ancien dépôt musée des Antiquités nationales ; Ancien dépôt musée national des Arts Africains et Océaniens.
  • 73.1969.3 bis

figure de gardien de reliquaire eyima byeri

Cette statuette a appartenu au marchand et collectionneur Joseph Brummer (1883-1947). Avec l’ouverture en 1906 à Paris de sa galerie d’art africain et précolombien, il est considéré comme un précurseur. En l’état actuel des recherches, le mode d’acquisition de cette sculpture est inconnu.
Elle a rejoint ensuite la collection du peintre Franck Burty Haviland (1886-1971), proche de Georges Braque et Pablo Picasso, qui est à l’origine de la création du musée d’art moderne de Céret. En 1936, la statuette est achetée par l’un des plus grands marchands français d’art, Charles Ratton (1895-1986), qui s’intéresse à l’art africain depuis les années 20. Ami d’André Breton, de Tristan Tzara et de Paul Eluard, il est l’organisateur de l’exposition African Negro Art au Museum of Modern Art de New York en 1935, qui marqua son époque. La figure de gardien de reliquaire intègre par la suite la collection du sculpteur Edouard Saint Paul (1890 ?-1977) qui léguera à l’Etat plus de 70 œuvres d’art d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique.

  • Population Fang Mabéa
  • Sud du Cameroun
  • 19e siècle
  • bois, métal, faïence
  • Anciennes collections Joseph Brummer, Frank Burty Haviland, Charles Ratton. Legs Edouard-Victor Saint-Paul
  • 71.1977.52.1

Tête gardienne de reliquaire

Cette figure de gardien de reliquaire est probablement arrivée du Gabon au début du 20e siècle. Elle a été acquise par le marchand d’art Paul Guillaume (1891-1934). Il rencontre le poète Guillaume Apollinaire, amateur d’arts alors dits « primitifs », en 1911 et évolue dans le milieu artistique et intellectuel parisien. Paul Guillaume fut l’un des premiers, dès 1914, à exposer en France systématiquement des œuvres d’Afrique avec des peintures de Picasso, Derain et Modigliani. Il recevait les pièces africaines de voyageurs, de commerçants établis ou de passage en Afrique occidentale et équatoriale.
Paul Guillaume voulait créer le premier musée français d’art moderne en donnant sa collection à l’Etat, projet inabouti en raison de sa mort prématurée.
Sa veuve, Domenica Walter-Guillaume, fit don d’un ensemble d’œuvres africaines du Gabon au Musée de l’Homme en 1941.

  • Figure de gardien de reliquaire boho n bwete
  • Population Obamba
  • Gabon
  • 19e siècle
  • bois, cuivre, laiton
  • Ancienne collection Paul Guillaume
  • Don Domenica Walter-Guillaume
  • 71.1941.13.1

Reliquaire avec figure de gardien

Ce reliquaire complet, pour lequel les circonstances de collecte ne sont pas connues, a été donné au musée d’ethnographie du Trocadéro en 1897 par Charles Vital Roche. Cet officier colonial avait accompagné la 3e mission de l’Ouest africain conduite entre 1883 et 1886 par Pierre Savorgnan de Brazza, explorateur devenu une figure populaire de l’expansion coloniale française.

  • Reliquaire
  • Population Sango
  • Gabon
  • 19e siècle
  • bois, cuivre, laiton, fer, fibres végétales, rotin, peau, os humains, plumes
  • Don Charles Roche
  • 71.1897.39.1.1-2

Ivoires d'Afrique de l'Ouest

À la différence des objets en ivoire de l'Antiquitié et du Moyen Âge, travaillés en Europe, les oeuvres sculptées provenant d'Afrique entre 1480 et 1580 sont réalisées par des ivoiriers africains. Artistes et ateliers des côtes de Guinée, du royaume de Bénin et du royaume de Kongo créent sur commande des olifants, coupes et couverts qui sont les premières oeuvres d'Afrique rapportées en Europe par les voies commerciales.

  • Salière
  • Population Edo
  • Nigéria, royaume de Bénin
  • Début du 16e siècle
  • 70.2008.14.1.1-3 
  • [ 1 ] Olifant
  • Population Sapi
  • (Instrument de musique)
  • Sierra Leone
  • fin 15e - début 16e siècle
  • Ivoire d'éléphant
  • 71.1933.6.1 D
  • [ 2 ] Olifant
  • Afrique de l'Ouest
  • Début 16e siècle
  • Ivoire d'éléphant
  • 71.1933.6.3 D

Peinture de l'église Abba Antonios : Nativité

L’expédition scientifique française partie de Dakar en 1931 atteint la ville de Gondar, en Ethiopie, en juin 1932. Le chef de mission, Marcel Griaule, découvre l’église en ruine d’Abba Antonios et négocie avec le clergé l’échange des peintures du 17e siècle contre la réfection du bâtiment et des copies réalisées sur place par le peintre Gaston-Louis Roux.

  • Nativité
  • Éthiopie, Gondar, église d’Abba Antonios
  • Fin 17e - début 18e siècle
  • peinture sur toile
  • Mission Dakar-Djibouti
  • 71.1931.74.3587

Afrique du Nord et Moyen-Orient

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