Projection de courts métrages issue des éditions passées des "Réels et imaginaires autochtones" ainsi que de nouvelles propositions de Wapikoni mobile.
Depuis 2022, la médiathèque du musée du quai Branly-Jacques Chirac a invité des cinéastes, des artistes, des programmateurs, des producteurs, issus de communautés autochtones du Canada, de Taïwan, du Kazakhstan, du Chili à programmer la section non compétitive « Réels et Imaginaires autochtones » du Festival Jean Rouch. Chaque année, ces professionnels du cinéma ont élaborés des sélections qui n’étaient ni des panoramas ni des vitrines thématiques, mais le résultat d’un geste collectif : faire circuler, à leur initiative, des œuvres qu’ils jugent essentielles pour dialoguer avec le public du festival et du musée.
Cette sélection de courts métrages est issue de trois éditions passées des Réels et imaginaires autochtones ainsi que de nouvelles propositions de notre premier partenaire, le Wapikoni mobile. En soutenant la capacité des jeunes des communautés autochtones à raconter, témoigner, imaginer et transmettre, le Wapikoni affirme la souveraineté culturelle comme un acte concret : produire ses propres images, diffuser ses propres récits, prendre place dans l’espace public du cinéma.
Ces films invitent à découvrir le renouvellement des regards, la vitalité des héritages, la liberté de récits. Ils proposent autant de manières de se situer dans le monde, de le contester, de le réinventer. C’est cette vitalité politique, poétique, souvent joyeuse, parfois abrasive que la séance souhaite partager.
Séance présentée par Elodie Saget et Laurent Pellé suivie d'une discussion avec Aïda Adilbek à l’issue de la séance (sous réserve).
Les projections
6 minutes/km
- un film de Catherine Boivin
- Documentaire, Canada, 3min, 2023, version originale français, couleurs
Au rythme des pas de ses ancêtres Atikamekws, Catherine nous plonge dans l’univers onirique de ses courses matinales. Elle rythme ses pensées au pas de sa course sur le bitume d'Odanak, où elle habite. Elle documente ses courses matinales et les agrémente, dans la foulée, d'observations sur son héritage atikamekw
Originaire de la communauté de Wemotaci, Catherine Boivin habite maintenant la communauté abénakise d’Odanak. L’artiste multidisciplinaire aborde des thèmes touchant particulièrement les peuples autochtones, tels le rôle des femmes, les critères de beauté, les stérilisations forcées, l’occupation du territoire et le colonialisme. Ce faisant, Boivin déconstruit les visions stéréotypées (autant positives que négatives) et propose une lecture personnelle et contemporaine de sa culture. Elle a notamment participé à l’exposition collective De tabac et de foin d'odeur: Là où sont nos rêves (2019, Musée de Joliette). D’abord présentée à Daphne, Centre d’art autochtone autogéré (2022, Tio'tia:ke /Montréal), Nikotwaso est sa première exposition solo. Catherine est aussi présidente du CA du Wapikoni.
L'innu du futur
- de Stéphane Népton
- Docu-fiction, Canada, 6min, 2021, version originale française, couleurs et noir et blanc
Une ode au territoire en lien avec ma dualité identitaire en tant qu’Autochtone urbain. Une histoire à la fois très personnelle et poétique.
Kuei, Pipan Nepton nitishikashuin, Innu originaire de Mashteuiatsh, Pipan Nepton, artisan et médiateur numérique innu, développe une pratique de recherche création fondée sur une approche énactive et intergénérationnelle, où la connaissance émerge de l’expérience, du partage et de la co création. Son travail vise à soutenir la souveraineté culturelle et technologique autochtone par l’usage de technologies ouvertes, frugales et décoloniales, tout en assurant le respect des protocoles communautaires. Cofondateur d’UHU Labos Nomades et fort d’une longue expérience dans le jeu vidéo et les effets visuels, il détourne ces outils pour en faire des vecteurs d’innovation sociale, de transmission et de revitalisation culturelle
Gi Rahitzu
- de Mayaw Biho
- Documentaire, Taïwan, 36min, 1999, vosta
Pendant longtemps l’artiste Rahic Talif a dissimulé son identité jusqu’à ce qu’il voie pour la première fois des œuvres d’artistes aborigènes taïwanais comme lui. Cette rencontre le conduit à assumer son ascendance Pangcah (ou Amis) et l’incite à apporter sa contribution en recueillant mythes et histoires orales et à rechercher d’anciens sites sacrés. Après la naissance de son fils, l’anxiété et la confusion liées à son identité le conduisent a reflechir sur la manière de transmettre ce qu’il est, son histoire.
Mayaw Biho est cinéaste, photographe et auteur. Depuis 1995, il a réalisé plus d’une trentaine de films dont le tiers sur la population aborigène taïwanaise Pangcah. Ses œuvres ont été fréquemment projetées, nominées et récompensées dans de nombreux festivals à travers le monde et régulièrement programmées au festival international Jean Rouch. Il a été président de la commission des affaires ethniques du gouvernement de la ville de Tainan et directeur de la télévision autochtone de Taïwan.
Alaqan
- Aïda Adilbek
- Documentaire, Kazakhstan, 28min, 2022, vosta
À travers les gestes de sa grand-mère lors de la préparation du qurt, fromage aigre, salé et acide, la réalisatrice donne à voir la persistance d’une pratique culinaire de la vie nomade alors que cette dernière est disparue suite à l’annexion du Kazakhstan par l’Union soviétique en 1920.
Aïda Adilbek, artiste et chercheuse kazakhe née en 1994 à Almaty, développe son parcours au croisement des arts appliqués nomades, de l’histoire de l’art et des pratiques audiovisuelles, après une formation initiale à l’Académie Jurgenov puis une maîtrise aux Beaux-Arts de Goldsmiths. Co fondatrice en 2020 du collectif féminin MATA, elle mène depuis des projets artistiques et sociaux, parallèlement à des activités curatoriales, théoriques et pédagogiques. Invitée en 2021 au sein du collectif DAVRA, elle approfondit les formes narratives performatives et réalise pour Documenta 15 une installation sonore ainsi qu’un premier court métrage documentaire.
TAIÑ RVPV | NOTRE CHEMIN
- un film de l’École de cinéma et communication mapuche du l’Ayja Rewe Budi (Wallmapu, Chili)
- Documentaire, Wallmapu, Chili, 13min , 2020, vostf
Nous, jeunes Mapuche de l’Ayja Rewe Budi, alors que nous parcourons le territoire du nord au sud, rencontrons sur notre chemin des aîné·e·s qui nous transmettent leurs savoirs relatifs à la vie mapuche menacée par le projet de l’autoroute côtière. Alors que nous écoutons, que nous parcourons, que nous chantons, nous sommes vivant·e·s. Nous sommes le futur.
LAFKEN ÑI AZ | EL MAR ENTREGA SUS CONOCIMIENTOS | LA MER TRANSMET SES CONNAISSANCES
- un film de l’École de cinéma et communication mapuche du l’Ayja Rewe Budi (Wallmapu, Chili)
- Documentaire, Wallmapu, Chili, 8min, 2018, vostf
La mer, ses couleurs, ses sons et sa force imprègnent de son esprit et de sa sagesse le dialogue entre deux jeunes filles et leurs grands-pères. Nous, les Mapuche Lafkenche (mapuche de la mer), observons l’Az (lois et coutumes) du Lafkenmapu (territoire côtier mapuche) afin de nous insérer dans sa dynamique et ainsi maintenir une relation d’équilibre avec cet espace que nous appelons Lafkenmapu.
L'École de Cinéma et de Communication Mapuche de l'Ayja Rewe Budi est un projet qui cherche à créer une manière collective de faire du cinéma selon la vision mapuche. Le territoire Mapuche Lafkenche (mapuche de la Mer) de l’Ayja Rewe Budi est délimité par le fleuve Impérial au nord et par le fleuve Toltén à son Sud (Aussi, selon l’Étât chilien, il est administrativement représenté par les communes de Puerto Saavedra et Teodoro Schmidt).
Aller plus loin
- Prochains rendez-vous du salon de lecture (sur le site du musée)
- Réécouter en ligne les derniers rendez-vous (sur soundcloud)
- En savoir plus sur la médiathèque du musée, ses espaces, ses ressources et sa programmation (sur linktree)
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Gratuit (dans la limite des places disponibles)
- Lieu : Salle de cinéma
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Dates :
Le jeudi 23 avril 2026 de 19:30 à 21:45 -
Accessibilité :
- Handicap auditif bim (T),
- Handicap moteur
- Public : Chercheur, étudiant, Enseignant, animateur, Tous publics
- Categorie : Cinéma