Le 09 nov. 2016

Les femmes dans la Révolution française

par Elisabeth Roudinesco

Ce cycle analyse des grands mouvements de révoltes à l'origine de bouleversements politiques et sociaux, et qui restent, encore aujourd'hui, gravés dans nos cultures.

Les femmes de la révolution française

La Révolution française a eu pour effet de transformer en héros des hommes jeunes qui, sans elle, seraient restés probablement des inconnus. Cette transfiguration est identique à propos des héroïnes de cette période qui incarnent les idéaux des différentes facettes de la Révolution. Marie-Antoinette représente l’essence même d’une féminité nobiliaire, tantôt porteuse de l’arrogance de sa caste, tantôt déchue jusqu’au martyre. A près elle, Manon Roland traduit la sensibilité bourgeoise et rousseauiste de la Gironde. Puis vient Charlotte Corday, vierge criminelle et solitaire, issue de la tradition des régicides. Enfin, se profile, à l’aube du Directoire, le beau visage de Madame Tallien (Teresa Cabarrus), courtisane thermidorienne, symbole du plaisir retrouvé et de la Terreur vaincue.  Trois de ces femmes tiennent leur pouvoir de l’influence qu’elles exercent sur leurs époux. Une seule échappera à la guillotine. Par ailleurs, d’autres femmes sont présentes sur la scène révolutionnaire : rebelles, folles, marginales. Avec la nuit du 4 août qui abolit les privilèges, l’ancien statut des femmes disparaît et c’est à ce moment que se concrétise l’entrée en scène d’une lutte en faveur de la reconnaissance pour les femmes de leurs droits civils et politiques. Ce combat est mené par des femmes différentes des autres figures féminines de la Révolution. Célibataires, maltraitées, déclassées ou saltimbanques, elles incarnent la forme moderne d’un égalitarisme qui mettra un siècle et demi à s’imposer. Elles s’appellent Etta Palm, Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Claire Lacombe, une fausse baronne, une polygraphe, une paysanne mélancolique, une comédienne ratée. Huit femmes dont le destin s’identifie à celui de la Révolution.
 

Elisabeth Roudinesco

Née à Paris en 1944, Élisabeth Roudinesco est docteur ès lettres et historienne, directrice de recherches (HDR) au département d’histoire de l’Université de Paris VII où elle dirige des thèses depuis vingt ans. Son séminaire sur l’histoire de la psychanalyse est rattaché au département d’histoire de l’École normale supérieure. Élisabeth Roudinesco a été membre de l’École freudienne de Paris fondée par Jacques Lacan de 1969 à 1981, où elle reçoit sa formation psychanalytique. Elle a publié des dizaines d’articles et de conférences, ainsi qu’une vingtaine d’ouvrages traduits dans le monde entier. Parmi eux, on compte notamment une Histoire de la psychanalyse en France (vol.1 1982, vol. 2 1986), une biographie de Jacques Lacan et un Dictionnaire de la psychanalyse (2011). Élisabeth Roudinesco est par ailleurs présidente de la Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse (SIHPP), membre du comité scientifique des revues History of Psychiatry et Cliniques méditerranéennes, et du Conseil d’administration de la Fondation pour la recherche en psychiatrie. En 2014, elle publie une biographie complète et révisée de Sigmund Freud : Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre (Seuil), où elle évalue notamment l’apport du psychanalyste autrichien dans nos sociétés.

 

  • Gratuit (dans la limite des places disponibles)

  • Durée :  01:30
  • Lieu :  Théâtre Claude Lévi-Strauss
  • Dates :
    Le mercredi 09 novembre 2016 de 18:30 à 20:00
  • Accessibilité :
    • Handicap auditif bim (T),
    • Handicap moteur
  • Public : Tous publics
  • Categorie : Les Grandes Révoltes

audio

min
Elisabeth Roudinesco (c) musée du quai Branly - Jacques Chirac, photographie Jac

Autour de l'événement

Visites guidées, ateliers, concerts, etc.
toutes les activités organisées dans le cadre de l'événement

Autour de l'événement