le chantier des mille constats

Jusqu'au 31 janvier 2022 sur le Plateau des collections

Contenu

À partir d’un recensement effectué en juillet 2020, le Département du patrimoine et des collections a établi qu’environ 1000 objets présentés en vitrines depuis plusieurs années - pour beaucoup chefs-d’œuvre de la collection - nécessitaient la mise à jour des informations relatives à l’évolution de leur état de conservation.

objectifs

Si des changements muséographiques réguliers renouvellent les thématiques des vitrines du Plateau des collections en protégeant des pièces fragiles ne supportant qu'une courte durée d'exposition, cette étude approfondie de l’état de conservation des œuvres du plateau des collections permet également au musée de mener sa campagne de récolement décennal et de marquage, en parallèle de celle qui est menée en réserves depuis plusieurs années.

En 15 ans, les outils et méthodes d’analyse ont fortement progressé. Ce chantier offre ainsi l’opportunité de mener des études poussées sur les matériaux constitutifs des œuvres via des campagnes d’analyses spécifiques à chaque typologie d’œuvre afin d’identifier très précisément certaines espèces animales, essences végétales ou alliages métalliques. 

 

 

 

Chantier "Les mille constats" sur le Plateau des collections. 17 mars 2021 © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Julien Brachhammer.

Méthodologie 

Cette campagne de constats et récolement prend la forme d’un « chantier mobile » au pied des 135 vitrines concernées (sur les 350 du Plateau des collections). Une équipe constituée d’une régisseuse des collections et d’une ou plusieurs restauratrices spécialisées (métal, céramique, textiles, etc.) intervient quotidiennement entre le 15 mars 2021 et la fin janvier 2022.

Chantier "Les mille constats" sur le Plateau des collections. 17 mars 2021 © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Julien Brachhammer.

Précisions méthodologiques

Plusieurs étapes sont nécessaires à la réalisation de cette mission.

La première étape consiste à délimiter et sécuriser la zone de travail (cloisons mobiles, signalétique, etc.).

Une fois celle-ci réalisée, les objets sont récolés, examinés et photographiés sous toutes leurs faces. Les informations de constat d’état ainsi collectées sont intégrées directement dans la base de données du musée.

Chantier "Les mille constats" sur le Plateau des collections. 17 mars 2021 © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Julien Brachhammer.

Précisions méthodologiques

Précisions sur les constats d’état et interventions de restauration

Il s’agit de réaliser un relevé précis de l’état de conservation de ces œuvres afin notamment de pouvoir à l’avenir juger d’une éventuelle évolution. Sont attendus :

  • Vérifications des matériaux et techniques, des dimensions et du marquage pour transmission à la régisseuse chargée du récolement.
  • Prises de vues de toutes les faces, détails si nécessaire. Les clichés de détail peuvent être pris en lumière directe pour des altérations potentiellement évolutives, des étiquettes ou des inscriptions, ou être réalisés sous éclairage ultraviolet pour la mise en évidence d’anciennes réparations/restitutions ou d’inscriptions visibles uniquement en lumière UV. Une lampe UV à main est mise à disposition des restauratrices.
  • Réalisation d’un constat d’état détaillé sur Conservation Studio©, application de TMS dédiée à la saisie des données de conservation-restauration. Mesures précises des altérations potentiellement évolutives.
  • Si au cours du constat il était relevé une ou des altérations nécessitant une intervention d’urgence (ex : une fente ou un fragment mobile, une écaille de polychromie soulevée…) un kit d’intervention d’urgence est prévu pour permettre aux restauratrices de traiter sur place. Dans ce cas l’intervenante ajoute dans Conservation Studio©, en sus du constat d’état, un rapport d’intervention détaillant le mode opératoire et les matériaux mis en œuvre.
Chantier "Les mille constats" sur le Plateau des collections. 17 mars 2021 © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Julien Brachhammer.

Précisions sur les constats d’état et interventions de restauration

Précisions sur le contenu de la grille de récolement

Le chantier en images

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Le chantier "des mille constats" prend la forme d’un « chantier mobile » au pied des 135 vitrines concernées (sur les 350 du Plateau des collections).

© musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Julien Brachhammer

Les pièces examinées visibles dans le diaporama photo ci-dessus

Définitions

Constats d’état

Le constat d'état permet de décrire l'état d’un objet : le type d’altérations qu’il présente, leur nature, leur localisation et leur étendue.

Accompagné de photographies, le constat d’état reflète l'état de cet objet à une date donnée. Lors d'évaluations ultérieures, il permet alors de comparer et de vérifier l'évolution des altérations.

Il permet également d'établir une proposition de traitement si nécessaire et de définir des conditions environnementales adaptées lors de la mise en présentation de l’objet ou de son stockage en réserve. 

Constats d’état

Récolement décennal

Il s’agit d’une obligation réglementaire qui nécessite de vérifier la localisation et l’état des collections tous les 10 ans. Le second récolement s’achèvera en 2026 et concerne plus de 384 000 objets. 
Ce chantier est un formidable exemple de transversalité mobilisant presque tout le Département du Patrimoine et des Collections*.

En effet, le récolement ne se limite pas à considérer l’état d’un bien et sa localisation, comme le ferait un inventaire dans un magasin. Il nous permet d’enrichir la documentation des collections avec de nouvelles informations relevées sur les objets, de refaire des marquages, de réassocier des « familles » en regroupant des éléments d’objets dispersés, d’enquêter et de réattribuer à des objets leur collection d’origine, de repérer les besoins en restaurations, de reprendre des photos et parfois de retrouver des objets qui étaient jusqu’à présent considérés comme manquants.

Des équipes de prestataires procèdent au récolement des œuvres dans les réserves et certaines campagnes, comme les nouvelles acquisitions ou le récolement du plateau des collections, sont faites par des agents du musée.
*(les Unités Patrimoniales, l’Iconothèque, le pôle régie des collections, le pôle conservation-restauration et le pôle inventaire, en charge du pilotage de ces opérations)

Récolement décennal

Marquage

Chaque objet qui entre dans les collections doit être marqué de son numéro d’inventaire.

Ce marquage, indispensable à l’identification de l’œuvre, peut être réalisé différemment en fonction du support : inscrit directement (et désormais de façon réversible) sur l’objet, ou sur une étiquette cousue.

Les problèmes de marquage identifiés lors du premier récolement (numéro effacé, en partie ou inexistant) sont traités et refaits en amont du second récolement décennal. Une œuvre sans étiquette qui aurait un numéro en partie effacé ou erroné peut être mal identifiée. Cette opération est donc capitale pour nous aider à qualifier et à conserver au mieux nos collections.

À chaque époque son type de marquage, c’est pourquoi les marquages anciens peuvent présenter une source d’information primordiale pour la documentation des collections.

Marquage. Chantier des mille constats. 17 mars 2021 © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Julien Brachhammer

Marquage

XRF

La spectroscopie de fluorescence des rayons X (X-ray fluorescence spectroscopy, XRF en anglais) est une technique d’analyse élémentaire, autrement dit qui permet d’identifier les éléments chimiques présents dans le volume sondé.

Cette technique permet de détecter les éléments plus lourd que le sodium (Na) : il est donc impossible de caractériser des matériaux organiques, mais les objets en métal ou en céramique, ou encore les peintures sont d’excellents candidats.

Le volume sondé correspond au « volume d’interaction » qui n’est pas le même en fonction des matériaux et des éléments chimiques présents : plus les éléments sont lourds, plus l’analyse est superficielle. L’analyse au musée se fera à l’aide d’un spectromètre potable Tracer 5i (Bruker, voir photo).

Elle est totalement non-invasive et rapide à mettre en œuvre, les résultats sont obtenus en quelques dizaines de secondes. Les mesures effectuées dans le cadre du chantier des 1000 ne seront pas quantitatives.

XRF

CITES

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, dite CITES (ou Convention de Washington) a pour objectif de garantir que le commerce international des espèces protégées, ainsi que des parties et produits qui en sont issus, ne nuit pas à la conservation de la biodiversité et repose sur une utilisation durable des espèces sauvages.

Le transport et l’exposition d’objets et d’œuvres d’art constitués de matériaux issus de ces espèces nécessitent donc l’obtention d’un certificat CITES auprès des autorités compétentes (en France, le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire) qui garantit que la fabrication et l’acquisition de l’œuvre ont été réalisées, soit avant l’entrée en vigueur de cette réglementation internationale, soit dans le respect des espèces concernées. Au musée du quai Branly – Jacques Chirac, ce sont donc une trentaine de certificats qui sont demandés chaque année dans le cadre de sa politique de prêts et d’expositions.

CITES